MENA Newswire , Pékin : Le Premier ministre canadien, Mark Carney, est arrivé cette semaine en Chine pour une visite officielle visant à renouer les liens bilatéraux après des années de relations tendues, Ottawa cherchant à élargir ses relations économiques et diplomatiques internationales. Il s’agit de la première visite d’un dirigeant canadien en Chine depuis près de dix ans, et elle intervient à un moment où le Canada revoit la structure de ses relations commerciales face à l’évolution du contexte mondial.

Le voyage de M. Carney comprend des rencontres avec de hauts responsables chinois , dont le président Xi Jinping, selon des déclarations des deux gouvernements. L'ordre du jour est axé sur le commerce bilatéral, les investissements, la coopération climatique et les échanges entre les populations. Les autorités canadiennes ont indiqué que cette visite témoigne de la reprise d'un dialogue de haut niveau entre les deux pays après une longue période de coopération limitée.
Les relations entre le Canada et la Chine sont tendues depuis 2018, date à laquelle les autorités canadiennes ont arrêté, à la demande des États-Unis, un haut dirigeant de l'entreprise chinoise de télécommunications Huawei Technologies. La Chine a ensuite arrêté deux citoyens canadiens, des actions qui ont fortement affecté les relations diplomatiques. Libérés en 2021, les Canadiens ont vu leurs liens politiques et économiques rester tendus les années suivantes.
La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis, représentant des dizaines de milliards de dollars d'échanges bilatéraux annuels. Les exportations canadiennes vers la Chine comprennent des produits agricoles, des biens liés à l'énergie et des matériaux industriels, tandis que les importations en provenance de Chine couvrent les produits manufacturés, l'électronique et les biens de consommation. Les échanges commerciaux se sont poursuivis malgré les tensions politiques, bien qu'à un niveau inférieur à celui d'avant le différend diplomatique.
Cette visite intervient alors que le Canada évalue son exposition aux risques liés au commerce extérieur. Plus des trois quarts des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis , ce qui rend le pays fortement dépendant de son voisin du Sud. Les récents différends commerciaux, notamment les tarifs douaniers touchant l'acier, l'aluminium et d'autres secteurs, ont mis en évidence les répercussions économiques de cette concentration. Les autorités canadiennes ont déclaré publiquement que la diversification des marchés d'exportation demeure un objectif politique de longue date.
Les relations entre Ottawa et Pékin ont également été marquées par les mesures commerciales imposées par les deux parties ces dernières années. Le Canada a appliqué des droits de douane sur certains véhicules électriques et produits sidérurgiques de fabrication chinoise, invoquant son cadre de politique intérieure, tandis que la Chine a restreint les importations de certains produits agricoles canadiens. Ces mesures demeurent en vigueur et aucun des deux gouvernements n'a annoncé de modifications durant la visite.
Le Canada et la Chine reprennent leurs relations diplomatiques de haut niveau.
Avant l'arrivée de Carney, deux députés canadiens ont écourté leur visite à Taïwan , selon des déclarations parlementaires. Ils ont expliqué que cette décision visait à éviter un chevauchement de leurs engagements diplomatiques. Les autorités canadiennes ont réaffirmé que la position du Canada sur Taïwan demeure inchangée et conforme à sa politique de longue date.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que cette visite témoigne d'un intérêt commun pour la stabilisation des relations et le renforcement de la coopération là où cela est possible. Dans des communiqués publiés avant les rencontres, les autorités chinoises ont souligné que le commerce, la politique climatique et l'engagement multilatéral figuraient parmi les sujets de discussion. Le Canada a déjà indiqué que les changements climatiques et la stabilité financière mondiale seraient des thèmes de dialogue avec la Chine.
John Carney a pris ses fonctions en 2025 à la suite d'élections fédérales et a depuis effectué plusieurs visites internationales. Son gouvernement a mis l'accent sur le dialogue avec les principales économies mondiales et la participation aux forums multilatéraux. Après sa visite en Chine, M. Carney se rendra au Moyen-Orient, puis participera au Forum économique mondial de Davos, selon son cabinet.
Aucun accord formel n'a été annoncé lors des premières négociations.
L’engagement du Canada envers la Chine s’inscrit dans un contexte de normalisation des relations avec d’autres pays où les liens se sont tendus ces dernières années. Ottawa a rétabli le dialogue diplomatique avec l’Inde à la fin de 2025 après une période de contacts réduits et a intensifié ses efforts auprès de ses partenaires européens et indo-pacifiques par le biais d’accords commerciaux et de sécurité.
Bien que les relations canado – chinoises demeurent marquées par des différends non résolus et des divergences politiques, cette visite témoigne de la reprise des échanges directs au plus haut niveau politique. Les représentants des deux pays ont décrit les rencontres comme s'inscrivant dans le cadre des échanges diplomatiques habituels entre partenaires commerciaux majeurs. Aucun accord conjoint ni annonce officielle n'ont été publiés lors de la première phase de la visite. Les autorités canadiennes ont indiqué que les discussions se poursuivraient dans les prochains jours et que les résultats seraient communiqués par les voies officielles, le cas échéant.
L’article « Le Premier ministre canadien se rend en Chine pour rétablir les liens diplomatiques et commerciaux » est paru initialement sur Arab View Point .
